Le régime britannique

Le régime britannique

En 1759, la Guerre de Sept Ans n'est pas terminée. Les craintes d'un nouvel assaut de la part des troupes françaises ou d'une révolte des habitants de Québec sont toujours présentes. L'ingénieur Samuel Holland conçoit les plans d'une citadelle à la demande du gouverneur Murray mais ceux-ci sont ignorés par Londres. Son successeur, Guy Carleton, croit aussi qu'une citadelle est essentielle à la défense de Québec mais le projet est rejeté une autre fois.

Le début de la Guerre d'indépendance des États-Unis en 1775, qui oppose les colonies américaines à la métropole britannique, suscite de nouvelles préoccupations pour la défense de Québec. Et avec raison ! En décembre 1775, des troupes américaines attaquent la ville par surprise en espérant rallier les Canadiens à leur cause. L'assaut est repoussé avec succès mais la construction d'une citadelle est désormais incontournable afin de protéger Québec.

À partir des plans de l'ingénieur William Twiss, la construction de la citadelle temporaire débute en 1779. Elle cesse en 1783 au moment où le traité de paix entre les États-Unis et la Grande-Bretagne est signé. La trêve est relativement de courte durée puisque les hostilités reprennent en 1812. La citadelle temporaire ne suffit plus à la tâche.

La construction d'une nouvelle forteresse en pierre de maçonnerie, d'après les plans de l'ingénieur Elias Walker Durnford, débute en mai 1820. Les travaux durent 11 ans, jusqu'en 1831. Une fois terminée, on y trouve une quarantaine de quartiers d'officiers et des casemates pouvant abriter 745 soldats. Une seconde série de travaux, qui ajoute 19 nouveaux bâtiments à la Citadelle, se termine en 1857.

Socialement, l'écart entre le niveau de vie d'un officier et d'un simple soldat est énorme. Les officiers ont un mode de vie qui s'apparente aux bourgeois et aux aristocrates. Ils ont des salaires raisonnables, participent à des soirées mondaines et ils habitent souvent des maisons cossues de la Haute-Ville avec leurs familles au lieu des casernes militaires. Pour le membre du rang, son statut social correspond davantage à celui de l'ouvrier ou du paysan. Gagnant un salaire dérisoire, il loge dans les casemates sombres et insalubres de la Citadelle avec sa famille. Il n'est pas rare que les enfants doivent coucher par terre car ce n'est qu'à partir de 1856 que des lits leur sont fournis. La vie du soldat est très difficile jusqu'à la fin du 19e siècle.

Retour