La période canadienne

La période canadienne

La présence d'une batterie permanente afin de protéger la Citadelle est-elle nécessaire à cette époque ? En fait, au début des années 1870, la menace américaine inquiète toujours le jeune gouvernement canadien. Les États-Unis ont connu la guerre civile quelques années plus tôt et la milice canadienne repousse plusieurs tentatives d'invasion des Fenians entre 1866 et 1871. Les Fenians, des Américano-irlandais s'opposant à l'occupation anglaise en Irlande, lancent plusieurs raids au Canada, vu comme un allié des Britanniques.

Après leur création, la Batterie A se dirige à Kingston alors que la Batterie B s'installe à la Citadelle. Thomas Bland Strange, officier expérimenté de l'armée britannique, devient le premier commandant de la garnison de Québec. Il a le mandat de former la jeune milice canadienne. Strange est lui-même bilingue et il a des adjoints francophones : le capitaine Charles E. Montizambert et les lieutenants Maurice Duchesnay et Auguste La Rue.

Malgré cette présence francophone au sein des troupes, la langue de travail reste toujours l'anglais. De plus, bon nombre de soldats britanniques ont choisi de rester au Canada à la fin de leur contrat, perpétuant ainsi l'influence et les traditions britanniques au sein de la nouvelle armée canadienne qui recherche encore sa propre identité.

Au printemps 1885, les deux batteries participent à la répression des rebellions des Métis et des Autochtones, avec Louis Riel en tête, dans les Territoires du Nord-Ouest (aujourd'hui la Saskatchewan). C'est sans aucun doute la campagne militaire de la plus grande envergure pour l'armée canadienne depuis sa naissance. La Batterie B regagne la Citadelle en juillet 1886.

À la suite de la réorganisation de l'armée en 1893 et du départ définitif de la Batterie B pour Kingston en 1905, la Citadelle est occupée par différentes compagnies de l'Artillerie royale canadienne, notamment les compagnies no.3 et no.4. Elles sont aussi stationnées à la forteresse pendant la Première Guerre mondiale, avant de céder définitivement leur place en 1922 au 22e Régiment qui devient l'unique occupant de la Citadelle.

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