Le Royal 22e Régiment

Le Royal 22e Régiment

Le Canada entre en guerre le 4 août 1914. Au cours des années précédant le déclenchement de la Grande Guerre, la situation politique en Europe était une véritable bombe à retardement. Les divers jeux d'alliance et les traités conclus entre les différentes puissances européennes entraîneraient la quasi-totalité du continent dans un conflit majeur. C'est l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône de l'Empire austro-hongrois, à l'été 1914 qui embrase l'Europe en entier. La participation des colonies à la guerre, comme le Canada, et celle de pays tels que le Japon et les États-Unis impliquent tous les continents dans le conflit : pour la toute première fois, c'est la guerre à l'échelle mondiale.

Au Canada, le Corps expéditionnaire canadien (CEC) est créé pour servir lors de cette guerre. Le 22e Bataillon, commandé par le colonel Frédéric Mondelet Gaudet, fait partie de la 5e brigade de la 2e division du CEC. En entraînement en Angleterre depuis mai 1915, il arrive en Flandres en septembre. Au front, c'est un véritable carnage : en trois mois, le CEC perd plus de 24 000 hommes, tués ou blessés. Le 22e perd 600 hommes à lui seul. Si l'enrôlement se faisait uniquement sur une base volontaire au début de la guerre, ces lourdes pertes forcent le gouvernement à imposer la conscription en 1917 afin de regarnir les rangs. Cette mesure est impopulaire au Québec.

Après avoir joué un rôle plus effacé au cours des batailles de Saint-Éloi et du Mont Sorrel, le 22e Bataillon est un acteur important dans la victoire alliée à Courcelette lors de la bataille de la Somme en septembre 1916. Il y perd cependant plus de 200 hommes. Le 22e contribue à d'autres victoires clés des troupes alliées, notamment à Vimy où les quatre divisions de l'armée canadienne combattent ensemble pour la toute première fois. En 1918, deux membres du Régiment se démarquent particulièrement par des gestes héroïques : Joseph Keable et Jean Brillant recevront la Croix de Victoria à titre posthume, la plus haute distinction militaire de l'Empire britannique.

Le 22e Bataillon revient à la maison en mai 1919, accueilli en héros partout où il passe. L'ordre de briser les rangs est finalement donné sur le quai de la Gare Bonaventure à Montréal, le 19 mai 1919. Le 22e n'est plus. Le Traité de Versailles, qui met officiellement fin à la guerre, est signé le 28 juin suivant.

Retour